Si vous avez un rendez-vous de consultation, un examen ou une intervention programmée dans un établissement public mardi 29 ou mercredi 30 septembre, vérifiez auprès de la structure avant de vous déplacer. Le SAMES a appelé à une grève de 72 heures et annonce que seules les urgences seront assurées ; cela ne signifie pas que chaque hôpital a déjà publié son organisation détaillée [1].
Le mouvement a commencé lundi 28 septembre. Pour les patients, le risque immédiat concerne surtout les soins qui peuvent être décalés : consultation ordinaire, activité programmée ou rendez-vous spécialisé. Les urgences sont annoncées comme maintenues, mais l’organisation peut varier d’un établissement à l’autre.
Concrètement, un rendez-vous peut être reporté et un patient peut devoir revenir un autre jour. Au moment de cette publication, aucun bilan national consolidé des consultations, examens ou opérations reportés n’a été retrouvé dans les sources consultées. Il faut donc distinguer ce qui est annoncé, ce qui a été observé dans certains hôpitaux et ce qui reste à mesurer.
L’AFFAIRE — Une grève reconduite jusqu’au 30 septembre
Le Bureau exécutif national du SAMES s’est réuni le 25 septembre avec des représentants des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation et des internes. Dans un communiqué signé le 27 septembre, le syndicat a annoncé un nouveau mouvement du lundi 28 au mercredi 30 septembre sur l’ensemble du territoire. Selon ce communiqué, les urgences seront les seuls services assurés pendant cette période [1].
Ce nouvel appel suit plusieurs journées d’action déjà annoncées ce mois-ci : les 8 et 9 septembre, les 16 et 17, les 23 et 24, puis les 28, 29 et 30. Cela fait neuf jours d’appel à la grève en septembre. Le mois compte 22 jours du lundi au vendredi : neuf divisés par vingt-deux donnent 40,9 %, soit environ 41 %.
Ce calcul décrit un calendrier syndical, pas une fermeture nationale de 41 % des services. Il ne dit ni combien de médecins ont cessé le travail, ni combien de structures ont été touchées chaque jour, ni combien de patients ont perdu un rendez-vous. Le SAMES a par ailleurs annoncé des taux de suivi élevés pour ses précédentes journées, mais ces chiffres sont des déclarations du syndicat et ne constituent pas un décompte indépendant des soins interrompus [1].
LES QUESTIONS — « Continuité des soins » veut-elle dire fonctionnement normal ?
Le 8 septembre, alors qu’une première grève de 48 heures avait commencé, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique avait affirmé avoir pris les dispositions nécessaires pour assurer « la continuité des soins » sur l’ensemble du territoire et maintenir le fonctionnement des services publics de santé [3]. C’est la position officielle de la tutelle, transmise à l’APS.
Les constats de terrain montrent pourquoi cette formule doit être précisée. Le même jour, un reporter de l’APS a constaté au district sanitaire de Keur Momar Sarr que seules les urgences étaient prises en charge [4]. Le 23 septembre, le directeur de l’hôpital de Tivaouane a déclaré à l’APS que plusieurs activités étaient perturbées et que les urgences restaient assurées ; il n’a pas communiqué le nombre de consultations ou d’interventions touchées [5]. Le lendemain, un représentant du SAMES a dit que les consultations externes et les activités programmées du bloc opératoire avaient été arrêtées à Tivaouane, tandis que les urgences continuaient [6].
Ces éléments ne permettent pas de conclure que tous les hôpitaux fonctionnent de la même façon. Ils montrent cependant qu’une continuité minimale — notamment la prise en charge des urgences — n’est pas nécessairement synonyme de consultations ordinaires et d’opérations programmées maintenues à leur rythme habituel.
Pour savoir ce qui se passe aujourd’hui, il manque un relevé établissement par établissement : consultations annulées ou reportées, interventions programmées replanifiées, état des urgences, délais d’attente et mesures de remplacement. Sans ces chiffres, ni « tout fonctionne normalement » ni « tout le système est paralysé » ne peut être affirmé sérieusement.
LES PRÉCÉDENTS — Un désaccord qui dure depuis 2023
Le SAMES rattache son mouvement à une plateforme revendicative déposée en 2023. Lors de l’annonce des premières journées de septembre, son secrétaire général disait n’avoir reçu aucune réponse qu’il jugeait satisfaisante [2]. Le ministère, de son côté, a affirmé qu’une rencontre technique avait été préparée le 7 septembre et s’est dit disponible pour reprendre les échanges [3].
Les revendications rapportées portent notamment sur le statut et la carrière des médecins, le recrutement, les indemnités, les pensions, la formation et les moyens humains et matériels. Elles concernent les conditions de travail du personnel, mais aussi, à terme, la capacité des structures publiques à assurer les consultations et les soins programmés. Ce lien est une conséquence possible, pas la preuve que chaque difficulté de prise en charge est causée par la grève.
Le point vérifiable n’est donc pas seulement la promesse de dialogue. Il faut savoir quels engagements écrits ont été pris depuis le dépôt de la plateforme, qui devait les appliquer et à quelle date. Les déclarations publiques disponibles ne fournissent pas encore un tableau complet de ces réponses.
À SUIVRE — Le bilan des soins et la reprise du dialogue
Les journées du mardi 29 et du mercredi 30 septembre restent couvertes par l’appel syndical. Le prochain élément concret sera le bilan des établissements après le mouvement : soins reportés, services maintenus, incidents éventuels et nouveaux rendez-vous proposés aux patients. Il faudra aussi suivre toute rencontre entre le ministère et le SAMES et vérifier si elle débouche sur un calendrier écrit de traitement des revendications.
Pour un patient, le geste le plus utile est de confirmer son rendez-vous auprès de l’hôpital ou du centre de santé avant de se déplacer. En cas d’urgence, ne pas attendre la reprise des consultations ordinaires : contacter le service d’urgence ou se rendre à la structure de santé la plus proche.
ÉTABLI / RAPPORTÉ / EN ATTENTE
ÉTABLI. Le SAMES a annoncé une grève du 28 au 30 septembre et le maintien des urgences. Des constats de l’APS lors de journées précédentes font état de perturbations à Keur Momar Sarr et à Tivaouane.
RAPPORTÉ. Le syndicat annonce des taux de suivi élevés et attribue le durcissement du mouvement à l’absence de réponses satisfaisantes. Le ministère affirme avoir voulu maintenir les soins et rester disponible pour le dialogue. Ces positions sont attribuées à leurs auteurs.
EN ATTENTE. Un bilan national chiffré des rendez-vous, consultations et interventions reportés, ainsi qu’un calendrier public des réponses aux revendications.
